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04
JUIL
2018

Le rosé des Riceys retrouve son histoire

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Comment le rosé des Riceys est-il devenu l’étendard des vignerons ricetons ? Cette question, les historiens Claudine et Serge Wolikow se la sont posée l’année dernière, lors de la célébration des 70 ans de l’appellation. D’un non-sens économique, faire en Champagne un vin tranquille plus cher que bien des bourgognes, le rosé des Riceys est en effet devenu aujourd’hui « la signature d’un savoir-faire vigneron ». Une signature rare, puisque sa production représente moins de 1 % du potentiel viticole de la commune.
 
Le paradoxe d’un rosé relique
Ce qui a intrigué les deux historiens, pour commencer, c’est ce paradoxe d’une relique du passé (la légende des ouvriers ricetons qui font goûter leur vin à Louis XIV, le fait que le « pineau rosé », sous diverses qualités, est attesté dans la commune dès le XVIIe siècle) qui est aussi un vin rosé, et le royaume des rosés, aujourd’hui, est le royaume de l’éphémère.
 
Il a pourtant failli disparaître, ce rosé relique du passé. À la fin des années Soixante, il reste trois producteurs. « Les autres vendent du raisin à champagniser », commente Serge Wolikow. La création du syndicat de défense permet d’aboutir à une réécriture du décret d’appellation, puis à une renaissance. Renaissance qui culmine lors d’une émission de télévision, Apostrophe, de Bernard Pivot, en 1986. Une retranscription savoureuse de cette émission figure dans le livre des deux historiens. Après la diffusion, « la production a quadruplé en quatre ans ». Reste la question première, qui sous-tend le livre : « Qu’est ce qui explique qu’il ait survécu ? »
 
« Récupérer son histoire »
La réponse première, celle d’un « vin de passion », n’est satisfaisante ni pour Serge Wolikow, ni pour son épouse. C’est en interrogeant les vignerons (pas moins d’une vingtaine se sont prêtés au jeu) que les deux historiens commencent à remonter la piste. « Autour du vin tranquille, il y a une manière de récupérer son histoire, le potentiel de son terroir. » Et c’est en se plongeant dans les archives, celles de l’Inao comme celles des maisons et des familles ricetonnes, que les premiers éléments émergent. « Dans la mondialisation des effervescents et celle des rosés éphémères, ce vin est sur un registre particulier. » Sur les 35 à 40 hectares en exploitation aujourd’hui, beaucoup de parcelles « sont identifiées depuis le XIXe siècle », explique Serge Wolikow. Des coteaux bien exposés, « très pentus et sur éboulis kimméridgiens ». D’ailleurs, les vignerons « ne s’y trompent pas et les exploitent de manière particulière ».
 
Aventure collective, ce qui le différencie essentiellement des coteaux champenois, le rosé des Riceys est aussi un marqueur de l’histoire d’un village qui était en 1830 la deuxième ville de l’Aube, après Troyes. Il fallait bien deux historiens passionnés du vignoble aubois pour en faire émerger le récit.
 
Présentation de l’ouvrage en présence des auteurs vendredi 6 juillet, à partir de 19 h, à la cave coopérative des Riceys.